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Message à l'assemblée plénière du personnel sur les voies de la Croissance
 

12 février 2008

 

Bonsoir à tous,

Au terme de ma 23ième année à Dolphin Intégration, puisque c'est en février 1985 que j'ai démarré, seul, le nouvel an Chinois au 8 chemin des Clos, avec pour siège et pour table des boîtes en carton, alors que nous venons de réussir la transition vers une structure plus jeune et plus souple, organisée en Unités de Croissance, notre rencontre ce soir doit être un moment de joie et de raison pour nous confronter à la réalité du futur.

Une réalité éternelle, mais qu'il ne faut pas oublier, est que la déontologie dans une entreprise du monde libre, c'est l'obligation de résultat !

Voici donc les résultats 2007.

Le chiffre d'affaires consolidé s’élève à 11 582 k€ au 30 septembre 2007, en croissance de 15,6 % par rapport à l’exercice précédent, générant ainsi un résultat net en progrès de 104,4 %

En k€

Exercice clos au 30 septembre

 

2007

2006

 

11 582

10 024

 

 

 

Résultat d'exploitation.................

1 679

1 304

Résultat net (part du groupe).............

1 909

934

Impôts sur les résultats..........

277

(86)

 

Le montant à répartir pour la participation des salariés qui en résulte au titre de l’année fiscale F-07 est de 261 529 €, soit près de 3 fois plus qu’en F-06.

Le plus important est que la performance atteinte sur cet exercice porte la capacité d'autofinancement nette à 941 k€, en croissance de 129 % par rapport à l’exercice précédent. C'est cette donnée qui assure notre pérennité.
Bien des gens dans la société française se réjouissent de n'avoir qu'une obligation de moyens (fonctionnaires, médecins…) mais pas nous. Sans résultats positifs, c'est la fin de l'entreprise et l'insécurité pour son personnel. Cela mérite un moment de réflexion.

Cette année nous pouvons nous appuyer sur des statistiques récentes qui montrent que les PME françaises innovantes survivent bien, mais qu'elles grandissent rarement. C'est tout le problème du chômage endémique français.
Or le fond du problème doit enfin être regardé en face : c’est, l’impossibilité de trouver sur le continent de vrais commerciaux, qui est le frein caché à la croissance. Nous avons avancé à tâtons, et finalement notre langage imagé – inspiré de la chasse "aux contrats" - et nos opinions politiquement incorrectes s'avèrent nécessaires pour créer une mythologie positive et conquérante chez les commerciaux d’une petite entreprise de haute technologie et de croissance.
Typiquement, l'opposition capital-travail fait partie des poncifs encore en vogue, alors qu'il faut gérer judicieusement le triptyque capital–commercial-travail !
À ce titre de notre dimension commerciale saine, nous pouvons nous enorgueillir d'avoir obtenu le "Best Supplier Award" de notre grand partenaire local, ST, à l'occasion de ses quinze ans à Crolles.

Les sociétés dotées de capital-risque à l’américaine, nos concurrents, ne lésinent pas sur les pertes en vue de la croissance, comme triste substitut à une pratique commerciale saine. Ils ne lésinent certes pas sur les frais de marketing, mais les entrepreneurs et leurs collaborateurs perdent ainsi le contrôle de leur entreprise, qui aboutit vendue à de grandes sociétés en mal d’innovation : voir Chipidea renflouée par le capital de Rothschild et de Kenneth Ventures, pour être revendue à Mips, qui s'en trouve effondré. C'est ce sort que nous avons choisi d’éviter aussi longtemps que possible, grâce à la participation de tous au capital en complément à notre imagination et à notre énergie commerciale.
Restait à trouver du personnel adaptable pour cette aventure. C’est enfin réussi avec les 14 coordinateurs de vente, grâce à nos deux tiers d'étrangères. Sous cet angle, nous pouvons nous vanter d'être loin de la parité ! Nos entretiens avec le directeur de l'École de Management locale concordaient sur l’inadéquation des vocations ou de la formation en marketing : tout restait à inventer, car nous savons créer des produits innovants, mais nous ne savons pas leur donner de l'attrait mérité sur le marché. Cherchons le fond du problème.

Quand je suis revenu en France en juin 1968, j’ai trouvé l’école des Mines en grève parce que le directeur des études avait déclaré que “les cadres sont les créateurs d’emploi.”
N'empêche que mon premier embauché a été le meneur de cette grève, mais il était intelligent et généreux et il est devenu créateur d’entreprise !
Cette institution très française des cadres est issue de la générosité des cadres de la résistance (l’école de Vizille) et était calquée sur le statut militaire des officiers.
Puis on s’est mis progressivement, au long des Trente Glorieuses à parler de “statut de cadre”, et par le biais de la simple obtention d’un diplôme, on a depuis lors transformé une obligation de générosité en un avantage aristocratique. Des cadres supérieurs se sont mis à se vanter d'être Bobos et à se plaindre d'être harcelés devant toute pression à se soumettre à leurs obligations, et en particulier l'obligation de contribuer en équipe et de s'imposer l'obligation de résultat !

À Dolphin, le grand virage a eu lieu en 2000, quand la totalité du personnel de notre entreprise a bien compris que la RTT entraînerait le déclin, et a signé un contrat qui a maintenu notre obligation de travail compétitif, et de présence des cadres pour la croissance de tous.
Cela ne m’a pas été pardonné par les fanatiques de la RTT. Plus gravement, même ceux qui pourfendent la RTT aujourd’hui ne regardent pas en face que cette RTT imposée était un désavantage pour les non-cadres qui ont ainsi été floués, et un suprême avantage pour les cadres supérieurs des grandes sociétés : d’où le déclin du PIB français et de l’export. Chez nous la RTT est choisie.

On doit certainement faire la distinction entre les cadres qui encadrent une équipe, et ceux qui travaillent comme contributeurs individuels, très qualifiés, et dont on attend surtout qu’ils assument de gérer leur propre temps de manière responsable et efficace : c’est particulièrement le cas d’un cadre commercial, spécialement bien placé comme créateur d’emplois.
Bien sûr les cadres dirigeants d’une société (l’équipe de direction) portent une responsabilité encore plus grande, mais dans une entreprise qui pratique effectivement la délégation de pouvoirs et de son contrôle, l’obligation de conduire l’entreprise à la croissance est distribuée : tous les cadres y contribuent, ainsi d'ailleurs que tous les salariés motivés, chacun à son niveau de responsabilité.
À Dolphin, nous avons donc tout fait pour “lisser” les discontinuités d’avantages entre non-cadres et cadres, mais surtout nous avons tout fait pour lutter contre la déchéance politiquement correcte de trop de cadres dirigeants, et pour rappeler que tous les droits avantageux ont pour contrepartie des devoirs généreux.

Effectivement les membres de notre équipe dirigeante ont presque tous accepté sans rechigner cette déontologie. Et ce sont donc des cadres défaillants qui s’en sont toujours pris personnellement à moi, contre cette obligation.
Comme je prépare activement, mais dans la durée, ma relève, je ne souhaite pas voir se dégrader cette haute obligation de création d’emplois pérennes. Il nous faut donc tenir compte du besoin de maturation des cadres récemment diplômés qui ne sont pas préparés par leurs études à comprendre tout ça.
Il n’y aura de vraie possibilité pour tous de travailler plus et gagner plus que si tous les cadres acceptent d’assumer leur devoir de créateur d’emploi, meilleure justification de leurs droits. La croissance est donc un objectif déontologique quand on a la chance d'avoir un métier d'avenir en haute technologie.

Et en 2008 c'est grâce à la certification ISO-9001, pour la discipline de la Qualité que nous améliorerons nos pratiques d'encadrement.
Mais cette année nous avons une obligation supérieure de nous soumettre à notre réalité : celle-ci, c’est la dispersion des nœuds technologiques dont nous avons parlé à plusieurs reprises. Nous étions passés au dessus de la taille critique, et voilà que c'est celle-ci qui du coup vient de nous dépasser : croître est maintenant une question de survie. Et bien sûr, ce sont les ventes qui doivent croître les premières si nous voulons maintenir notre capacité d'autofinancement…
Chacun de nous doit par conséquent se demander comment se débarrasser du rigide en soi, du vieux, pour la croissance collective.
Car de toutes façons, qui n’avance pas recule.

Nous voici au moment de remercier selon notre tradition ceux qui nous donnent l'exemple.
D'abord, c'est avec une profonde satisfaction que je remets aujourd'hui à Fatima Lasfar le cadeau de ses dix ans d'ancienneté : elle rejoint le groupe des anciens qui témoignent de nos fidélités respectives et transmettent notre culture.
C'est un Forfait de "bien-être" qui lui est offert, cadeau approprié pour les parents de quatre garçons dont la maman vient de reprendre sa vie professionnelle !

Pour le couteau du meilleur diagnosticien, c'est doublement symbolique cette année : il récompense non seulement un diagnostic rapide pour un bogue particulièrement difficile à identifier, mais surtout il récompense un travail d'équipe. Ce sont donc Lætitia et Frédéric qui sont sélectionnés pour avoir localisé rapidement le bogue du choix de solveur dans le cas du PGA de sensADC. Nous respectons ainsi la parité, quoique les couteaux aient été conçus différents par l'artiste dauphinois qui a imaginé les modèles uniques des couteaux, conformes à l'esprit de la chasse.

Enfin, viennent les récompenses pour la cadence d'innovation, qui nous a valu le Trophée de l'INPI en 2007, sous la forme de chèques pour tout brevet déposé et tout article publié ; elles priment cette année la valeur du travail d'une belle douzaine d'inventeurs. Jean-François Pollet et Louis Zangara acceptent les honneurs mérités pour avoir judicieusement stimulé l'innovation et remettent ces récompenses respectivement à :
FPO ; ABO ; FLG et FEU
PBE ; PGI ; SGA et GCO
Lars et Dirk pour DI-GmbH

Pour refermer le tryptique sur notre capital, grâce à nous tous, l'année 2008 s'est ouverte avec l'obtention du label de société innovante attribué par Oséo-Anvar pour faciliter l'entrée à notre capital de Fonds Communs de Placement en Innovation.

 

Félicitations à tous.

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